Les oubliés : les prisonniers de guerre

l'évasion de Louis Croyet, stalag IVa - 1941

Récit détaillé et circonstancié de l’évasion du Garde Croyet Louis, du 1er escadron de la 8e Légion de Garde Républicain, alors maréchal-des-logis au 170e Régiment d’Artillerie de Position

Séparé du sol de France depuis de longs mois, las d’être captif dans ce terrible stalag IVa situé à Hemer (Westphalie département d’Iserlhon), où nous souffrions tant, je mûrissais l’idée de m’évader.
M’intéressant particulièrement à un jeune camarade de régiment (Léon Grosperrin), qui perdrait tout espoir de revoir sa terre natale, je résolus de l’associer à mon évasion.
Un fait devait déterminer encore plus fort mon désir.
Comme je m’efforçais de secourir mon camarade, un soir, voulant lui remettre quelques provisions, je fus surpris par un gardien et puni d’une peine de trente jours de compagnie disciplinaire. Ma punition terminée, j’ai cherché immédiatement à rencontrer Grosperrin pour lui soumettre mon idée d’évasion et l’inviter à se joindre à moi. Il fut décidé entre nous de mettre à exécution un plan d’évasion.
L’opération était hasardeuse, car nous n’avions aucune occasion de sortir du camp, n’appartenant pas à un kommando. Le stalag était gardé avec la plus vigoureuse discipline. Deux rangées de barbelés ceinturaient le camp. Après avoir cherché l’endroit le plus facile à franchir et après avoir étudié pendant la nuit le rythme du va-et-vient des rondes effectuées par les sentinelles, notre plan fut définitivement arrêté.
Le 13 mai 1941, vers minuit, profitant de la relève des sentinelles, opération qui occasionnait toujours un certain bruit, nous avons décidé de nous enfuir. Nous avons réussi, mon camarade et moi, à escalader la double rangée de barbelés sans attirer l’attention des gardiens ni faire déclencher le feu des projecteurs. Nous nous éloignons rapidement et silencieusement en direction d’un petit bosquet qui devait nous mettre à l’abri de toute rencontre dangereuse.
Là, nous échangeons nos effets de prisonniers contre une sorte de vêtement civil (pantalon et blouson) taillés dans une couverture et que nous avions emportés avec nous. Reprenant notre marche nocturne, nous parvenons à la gare d’Iserlhon. Munis de billets de chemin de fer nous avons pris le train se dirigeant vers Hagen et de là vers Cologne.
Afin de ne pas éveiller trop fortement les soupçons que pouvait faire naître notre sordide accoutrement, nous avons effectué le voyage vers l’Ouest en chemin de fer en fractionnant le trajet. Nous avons cependant commis une erreur qui faillit nous être fatale. Sur le parcours Cologne – Aix la Chapelle, nous oubliâmes de changer de train à Racren. Nous descendîmes à la station de Monschau afin de faire demi-tour lorsque nous fûmes interpellés par le chef de gare de cette station. Mon camarade parlant correctement l’allemand put expliquer à ce fonctionnaire que nous étions des travailleurs italiens cherchant du travail et nous avons pu exhiber de fausses cartes de travailleurs italiens confectionnées au camp.
Nous avons donc pu continuer notre voyage.
Le 14 mai, vers 23 heures, nous arrivâmes à Eupen (territoire annexé). Le 15 mai, à l’aube, nous réussissons à franchir la frontière germano-belge et atteignons bientôt la ville de Verviers et en fin de journée, nous étions à Bruxelles. A 20 heures, nous poursuivons notre voyage en chemin de fer, nous dirigeant cette foi vers la France.
Pour éviter le contrôle à la gare frontière de Quevy (Belgique), nous descendîmes à contre-voie et grimpé sur le toît d’un wagon. Mais, au passage à Fenny, première gare française, nous avons été aperçus. Avant l’arrêt complet du train nous sautons et nous nous dissimulons dans un wagon appartenant à un train de marchandises en stationnement.
Au départ du train qui nous avait amenés nous avons pu grimper rapidement sur les tampons pour reprendre notre voyage.
Au Aulnoy, nous avons pu nous installer dans un compartiment et nous sommes arrivés à Ternier le 16 mai vers 3 heures.
Ignorant l’existence d’ne certaine zone rouge nous avons été arrêtés par des soldats allemands et enfermés dans les locaux de la kommandantur. Quelques heures après, nous tentons de nous échapper une nouvelle fois. Fracturant la serrure, nous réussissons à tromper la surveillance des gardiens et à fuir rapidement.
Par nos propres moyens nous avons atteint Chauny vers 13 heures. De là, nous prîmes le train de Paris, où nous arrivions sans encombre cette fois, en fin d’après-midi. Nous sommes restés 8 jours à Paris afin de nous reposer et tenter de nous procurer des pièces d’identité.
La ligne de démarcation fut franchie dans la région de Tours le 25 mai 1941.

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Lettres de PG : 1940

Nom : Gaston
Prénom : Jean
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Castillon sur Dordogne puis Arfons sur Tarn
Matricule PG : 54 351
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag X C puis Stalag X B
Destinataire : madame Jean Gaston, sa femme
 
« le 17 novembre 1940
Chère Paulette, chers parents
J’ai reçu hier soir le colis de ligne intact expédié d’Arfons le 18 octobre ; tu peux imaginer avec quelle joie. C’est la seule chose qui me relie à toi depuis juin. Je voudrais à présent avoir la correspondance pour recevoir des nouvelles de tous. J’espère que mes cartes te rassurent assez. Ne sois pas inquiète à mon sujet ; ne te fais aucun souci. Pour le moment et depuis le début, je ne souffre pas. Je travaille tous les jours, ce qui m’empêche d’avoir le cafard. Tu sais que j’ai une grande facilité d’adaptation à toutes les vies. Penses que je me suis expatrié pour travailler et que bientôt je te retrouverai. Ma santé est des meilleures, mon moral toujours aussi solide. Je suppose que si tu n’as pas eu de poste, tu es à Castillon. Je suis impatient d’avoir des nouvelles de ta santé. Je te réécrirai une carte avant la fin novembre. Gardes bon courage. Fais part de ma lettre à tous. Bonne santé pour toute la famille. Amitié pour Madeleine et la famille Doudin.
Je vous embrasse tous. Je pense beaucoup à toi, baisers. Jean »


Nom : Rebuffel
Prénom : Henry
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Paris
Matricule de PG : F 55974
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière, document acheté sur Ebay
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag I B
Destinataire : sa mère, Jeanne Rebuffel

Henry Rebuffel, prisonnier de guerre n° F. 55974, stalag IB à Jeanne Rebuffel, 13 rue de Seine à Paris.
« 1er décembre 40
Chère maman, pauvre mémé, elle a fini de souffrir ! Tu peux imaginer ma peine en apprenant la nouvelle ! J’ai reçu tes lettres du 16 – 21 – 25 – 28 – 31 oct en même temps. Ainsi que des lettres de tante Marion, Tongène, tante Guite, Yvette. Je ne peut répondre à tous étant limité à 5 lettres par mois. Merci à Yvette pour le pull-over et les moufles. Très bien ! Merci aussi pour la pipe ! Tout va bien ici : le froid commence à se faire sentir. Bons baisers à tous.
Henri
Reçu le 12 janvier »

Nom : Julien
Prénom : Robert
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Saint Mandé
Matricule PG : 44 827
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag IV B
Destinataire : sa femme
 
« 13 octobre 1940
Ma femme chérie, mon cher petit garçon, j’ai été un moment sans avoir de tes nouvelles, aussi hier j’ai reçu une lettre du 23 septembre, et aujourd’hui une carte du 3 septembre et une du 20. Mais toujours pas de colis. Tu me parles de mon retour, je n’ai pas beaucoup d’espoir, enfin faut attendre. Pour les colis, ne prive pas pour moi, car je vois que le salaire est rudement réduit, moi c’est le tabac et le pain. Embrasses bien fort mon petit gars. Mes plus doux baisers chère Henriette. Robert Julien »
 
« Dimanche 27 octobre 1940
Ma femme chérie, mon cher petit garçon, quelques mots pour te dire que je suis toujours en bonne santé et je pense que vous êtes tout les deux de même. J’ai reçu une lettre de toi la semaine dernière datée du 1er octobre. Pour le colis, je n’en ai pas encore reçu un seul. Je trouve le temps bien lent, pour le pull-over je n’en ai pas et il commence à faire froid, enfin faut prendre patience, peut-être que les premiers colis ont fait demi-tour. Les as–tu envoyé par la Croix Rouge ? Parlons un peu de Montageron, ma chérie, tu me dis que le voisin a mangé les raisins, je pense que ce n’est pas le cœur et, enfin comme tu dis, vivement que je sois là pour voir un peu ce qui se passe. Ma chère Henriette, j’ai reçu une lettre d’Edouard datée du 2 octobre. Tu luis écriras, car moi je ne peux pas écrire assez souvent. Remercie le beaucoup, il veut m’envoyer un colis, il me demande ce qui me manque le plus, du tabac et du pain. Pour mon retour que tu me parles, je ne sais encore rien, ça c’est long, aussi tu peux me croire. J’en vais finir ma chère aimée, je pense que mon cher petit t’écoute bien et qu’il apprend bien à l’école. Tu l’embrasseras bien fort ce cher enfant et toi ma chère aimée, je te quitte en t’envoyant mes meilleurs baisers aussi que tous chez vous. Robert Julien »

Lettres de PG : 1941

Nom : Baudequin
Prénom : Stéphen
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Teigny
Matricule PG : 56 202
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag IV G
Destinataire : son frère
 
« le 16 mars 1941
Chers frères et sœurs. Deux mots pour vous faire savoir que je suis en bonne santé et je désire que vous soyez tous de même. Cette semaine, j’ai reçu une carte de Léon, il ne me parle pas de notre cher disparu, il s’en repentira.
Ici, il fait beau mais les nuits sont froides, à présent les travaux vont commencer, pour moi c’est toujours la pioche et la pelle.
Prenez bien soin de vous tous et ne vous en faites pas pour moi, je prends soin de moi, ne m’envoyez rien avant que je vous demande.
Reposez-vous.
Amitiés et bonne santé.
S. Baudequin »
 
« le 11 mai 1941
Chers frère et sœur. Bien reçu votre lettre du 1 04 hier. Je suis en bonne santé et vous espère de même. J’ai ce qu’il me faut ne m’envoyez rien, surtout pas de ligne ni d’argent. Je vois que tout le monde était contre notre cher papa et qu’il a vu bien de la vilaine chose avant de s’en aller.
Que personne ne mette les pieds à la maison, puisqu’il en est ainsi ; je suis heureux du mot de Petit Jean. Ce matin, j’ai été à la masse, bonjour chez vous.
Ne vous en faites pas pour moi.
Amitiés et bonne santé.
S. Baudequin 56 202 ».
 
« le 14 septembre 1941
Chers frère et sœur, Paul et Thérèse. Deux mots pour vous faire savoir que je suis en bonne santé, je désire que vous soyez tous de même. Ici, cette semaine, il a fait très mauvais temps, grand vent froid et fortes averses, vous devez avoir beaucoup de mal pour vos travaux si c’est de même chez nous. Pour moi, toujours de même, nous faisons du drainage le long d’une voie de chemin de fer, nous ne sommes pas mal, je ne manque de rien pour le moment, nous avons de bons gardiens.
Bonjour chez vous à mr Chambon et à tous les amis.
Amitiés et bonne santé à tous.
S. Baudequin 56 202 ».


Nom : Henry
Prénom : Marcel
Date de Naissance : inconnue
Domicile :
Matricule PG : 32 704
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag V A
Destinataire : Hélène Brunet à Bourg-en-Bresse
 
« le 5 octobre 1941
Ma chère Hélène. Vous ne pourrez jamais savoir combien ma joie fût grande quand j’ai reçu votre lettre. Cela date d’hier au soir et je suis encore fleui de ce grand bonheur qu’est celui de vous lire et de constater que vous êtes toujours mon amie tel que je le pensais.
Au fond de moi-même cependant, je me demandais si rien ne viendrait vous empêcher de me répondre aussi affectueusement, aussi sincèrement – votre mariage par exemple. Quel soulagement pour moi quand j’ai pu constater que, de tout cela, il n’en était rien. Je suis fort heureux et je pense que vous me répondrez quand je vous enverrai un mot. Ce sera ma plus grande joie, peut-être la seule. Mais elle sera assez grande quand je vous enverrai un mot. Ce sera ma plus grande joie, peut-être la seule. Mais elle sera assez grande pour me combler et ma très chère Hélène, si vous le permettez, quand je serai libéré je n’ai pas l’intention de vous perdre, enfin de perdre votre amitié ? Oui, ma chère Hélène, j’ai été rappelé par ma maison et peut-être que ma visite sera plutôt que nous le pensons. Cela vous fera-t-il réellement plaisir ? Puisque vous me demandez de vous envoyer une fiche sans colis je m’exécute. Votre intention à mon égard me touche beaucoup, croyez-moi. Mais je ne voudrais qu’en aucune façon cela vous prive de quoi que ce soit. En tant que sous-officier, et pour le moment, je ne travaille pas. Ma chère petite Hélène, j’attends votre réponse avec la plus vive impatience. Bien des choses à vos parents.
Recevez mes plus douces pensées et mes plus sincères amitiés. Marcel ».


Nom : Sévaux
Prénom : Alfred
Date de Naissance : inconnue
Domicile :
Matricule PG : 28250
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag VIII A
Destinataire : sa mère à Avranches
 
« Görlitz, le 9 mars 1941
Chère maman et chère Thoisne. J’ai reçu hier votre lettre du 20 février. Nous avons touché aujourd’hui une lettre pour écrire, cela tombe bien. Je suis content de vous savoir en bonne santé, pour moi cela va toujours bien. Il ne fait plus froid et même nous avons eu cette semaine de véritables journées de printemps. Nous allons sans doute avoir quelques quelques giboulées de neige et l’hiver j’espère sera fini. Heureusement il n’aura pas été trop dur. Bientôt nous n’allons avoir de feu, aussi ne m’envoyez plus de nouilles. Vous pouvez m’envoyer du viandox, je le mets dans ma soupe. Pour le colis, je crois que maintenant les étiquettes ne sont plus nécessaires : beaucoup de mes camarades en reçoivent sans étiquettes. Je vous ai envoyé une autre étiquette bleue. On a demandé il y a une quinzaine de jours la liste des étudiants dont les études avaient été interrompu par la mobilisation. Je me suis fait inscrire, on a vérifié nos papiers (j’avais mon livret militaire et ma carte d’étudiant) mais depuis on n’entend plus parler de rien. Peut-être allons nous changer de camp, il parait que dans certains oflags, il y a des cours qui fonctionnent. Enfin pour le moment je ne suis pas mal ici, Lemare qui travaille en ville est très gentil pour moi, de plus Bousrez est maintenant à la cuisine. Tous les sourdins se portent bien ; comme tous les samedis je suis allé hier au concert avec Thomas. Hier nous avons touché 2 paquets de cigarettes, 1 paquet de tabac, des dattes et des figues de la Croix Rouge. De plus chaque semaine nous touchons des biscuits de guerre. J’espère que Francisque fait de bonnes affaires à Sartilly, je serais content d’avoir une lettre de lui de temps en temps. Je vous embrasse bien affectueusement ainsi que Fernande et Galotte ».
 
« Görlitz, le 23 mai 1941
Chère maman et chère Thoisne. J’ai reçu hier midi votre lettre du 14, elle n’a mis que 8 jours pour me parvenir, c’est un record ! j’ai touché mon colis de 5kg lundi matin. Il n’y manquait rien et tout était en parfait état. Je vous remercie beaucoup. Comme vous devez vous en doutez, rien ne fait plus plaisir à son prisonnier qu’un colis. Pourtant je ne voudrais pas que vous vous priviez pour moi. Pour la question des étiquettes j’espère que vous en avez reçu maintenant ainsi que ma lettre du 8 dans laquelle je vous donnais quelques explications. Il faut repasser à l’encre mon adresse que j’écris sur l’étiquette car au crayon un coup de gomme est vite donné. Je suis content d’avoir du pain de soupe : j’en fais tremper le matin dans mon « café » bien sucré et je garde ainsi tout le pain que je touche pour manger le soir avec toutes les bonnes choses qu’il y a dans mon colis. Ne m’envoyez pas de chocolat dans le prochain colis car j’en ai quelques tablettes d’avance. Dans les boîtes en fer il se conserve très bien. Je ne sais pas si la lettre à Seyrini donnera de grands résultats. Je l’espère, car à force de rester inactif le cerveau se rouille et ce sera dur lorsqu’il faudra s’y remettre. Rien de nouveau au camp : les bobards sont toujours aussi nombreux et le même ne change guère. Pommes de terre, rutabaga, orge, choucroute, soupe à la morue. Je crois que je serai moins difficile qu’avant. Lorsque je serai de retour à la maison. Au début j’aurais mangé n’importe quoi, maintenant je fais un peu la fine bouche ! J’attends les photos dans le prochain colis ; pour moi il m’est impossible de vous en envoyer. Je vous embrasse bien affectueusement ainsi que Fernande. Bonjour à tous »
 
Kohlfurt, le 24 août 1941
Chère maman et chère Thoine. Je n’ai toujours pas de nouvelles depuis bientôt trois semaines, aussi je m’ennuie. Le temps n’est pas pour me distraire. Depuis ce matin cela n’arrête pas de verser. Avant deux mois, nous aurons probablement de la neige. Dans notre prochain colis envoyez moi deux paires de chaussettes russes pour mettre par-dessus mes chaussettes. Cela me tiendra chaud aux pieds et empêchera mes chaussettes de laine de se trouer. Envoyez moi aussi un gant de toilette. Contrairement à ce que je vous disais dans ma dernière lettre, continuez à me mettre un peu de tabac dans mes colis. En effet, voilà plus d’un mois que nous en avons reçu du camp et il parait que nous allons être longtemps sans en toucher. Je joins à ma lettre une photo qui a été prise ici, j’espère que nous n’aurez pas de mal à me reconnaître (il n’en aurait pas été de même l’an dernier à la même date), je suis toujours en bonne santé et pèse 69 kg. Comme vous pouvez le voir sur la photo nous ne sommes plus qu’une trentaine, les autres sont partis dans un autre kommando. On n’en est que mieux, moins on est nombreux, moins il y a de danger d’avoir de la vermine. Heureusement ici nous sommes bien tranquilles à ce sujet. Il parait qu’au camp on commence à parler de la libération des pupilles. Maintenant j’ai espoir, peut-être pour l’entrée de l’hiver. Si cela est vrai vous pouvez préparer  la tuile car j’ai grande envie de manger des galettes. Je vous embrasse bien affectueusement ainsi que Fernande »
 
« Kohlfurt, le 8 septembre 1941
Chère maman et chère Thoisne. Comme je vous l’ai déjà dit dans ma carte de la semaine dernière, j’ai enfin reçu de vos nouvelles. Je suis content de vous savoir toujours en bonne santé. Quant à moi cela va bien ; le travail est on ne peut plus peinard : en ce moment on arrache l’herbe qui pousse entre les traverses des voies de garage. Vous voyez que l’on n’est pas bien fatigué à la fin de la journée, surtout que notre devise est « doucement le matin, pas vite l’après midi ». Cet hiver, si nous sommes encore ici, nous dégagerons les aiguillages lorsqu’il tombera de la neige. Comme ici il tombe en hiver de la neige presque tous les jours nous ne risquons pas d’être inscrits au chômage ! Nous n’aurons pas froid. Il y a deux grands poëles dans la chambre. Quant au charbon, il n’y a qu’à se baisser pour en ramasser entre les voies. D’ailleurs l’hiver dernier je n’ai pas trop souffert du froid et pourtant le thermomètre a été souvent entre 30 et 35 en dessous de zéro. Cela change de notre bon vieux climat normand. Je ne désespère pas quand même d’aller revoir ma Normandie, mais quand ??? J’ai ma carte des pupilles sur moi ainsi que ma carte d’étudiant. Cette dernière je crois ne me servira pas à grand-chose, les étudiants français n’ayant pas compris, parait-il, la nécessité qu’il y a pour nous de collaborer. L’opticien de Villedieu continue à faire des siennes, patience un jour viendra où il devra vider les lieux. C’est vraiment un drôle d’oiseau, a-t-il toujours autant d’amis ? Envoyez-moi du tabac. Encore une fois merci et bons baisers »



Nom : Petit
Prénom : Paul
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Paris VIIe
Matricule PG : 30 709
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag XII A
Destinataire : madame Petit, sa mère
 
« 25 août 1941
Bien chère maman, voilà quelques temps que je n’ai pas de tes nouvelles. Ta dernière lettre est datée du 26 juillet. J’espère que depuis tu as reçu ma correspondance. Celle-ci d’ailleurs est ralentie du fait du passage, à l’aller comme au retour, à Franckfort dit-on. Mes félicitations à Georges pour l’heureux résultat de ses examens. Ce dût être aussi pour toi une bien grande satisfaction. Espérons que sa situation lui offrira bientôt un travail qui lui plaira tout à fait et auquel il pourra se donner pleinement. Merci des nouvelles que tu me donnes de tous. Je fais une place à chacun dans les prières, sans oublier Louis Bolikowski que tu peux visiter de temps en temps, je l’espère. J’ai prié particulièrement pour lui son Saint Patron. Me voici, pour un moment encore fixé au camp. Je viens en effet d’être désigné comme aumônier officiel d’une partie du camp et adjoint direct de l’aumônier général du camp qui étant à l’infirmerie et rapatriable (en raison de son état de santé) ne peut assurer comme il le voudrait la direction de la vie religieuse du camp. Nous sommes encore une trentaine de prêtres. Aussi tu vois que la tâche est importante et délicate. Comme toujours, je compte beaucoup sur l’aide de tes prières. Il y a tant de bien à faire et les âmes sont si avides de vérité et de vie. Si tu es en relation avec le carmel de Nogent, recommandes nous à leurs prières. Je pense que tu auras eu la visite de camarades rentrés en France. L’un d’eux te rapportera ma lip et quelques papiers qui t’amuseront un instant. L’un est d’un ami, Fernand Peutel, et l’autre d’un charmant polonais, qui parle quelque peu le français. Bienheureux ceux qui ont des vacances. C’est le temps des photos. Je compte absolument qu’Albert et André pourront par tes lettres (m’envoyer des photos de leurs petites familles. Cela fait plus d’un an ½ que je n’ai pas vu les uns ou les autres. Tu peux mettre des photos dans les colis ou collées à l’intérieur et aux bords des lettres. L’oratoire que nous avions (et dont je t’enverrai dès que possible une photo) a été supprimé mais nous allons en avoir un bientôt. Des routiers travaillent actuellement à son aménagement. Si tu vois l’abbé Richard demande lui de me faire parvenir par l’abbé Rohain aumônier général des prisonniers toutes brochures intéressantes sur l’Unité (son livre est très lu) et sur l’œuvre de la mère Claret. Je voudrais particulièrement travailler ce dernier point. Bien unis dans la prière je t’embrasse bien affectueusement. Bien des choses à Georges. Paul »
 


Nom : Gaston
Prénom : Jean
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Castillon sur Dordogne puis Arfons sur Tarn
Matricule PG : 54 351
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag X C puis Stalag X B
Destinataire : madame Jean Gaston, sa femme
 
« 8 juin 1941
Chère Paulette. Cher papa. J’ai eu la carte réponse de papa et j’ai été heureuse de le savoir en bonne santé. Je ne pense guère m’initier au langage allemand. Je manque de données essentielles et je suis mal placé. Les nouvelles de France ne sont guère brillantes. Le ravitaillement parait difficile. Dis-moi la vérité à ce sujet. Santé excellente. Moral toujours solide. Bons baisers à tous. Je t’embrasse. Jean »
 
« Dimanche 15 juin 1941
Chère Paulette, chers tous.
Je t’ai adressé ma dernière carte à Castillon afin que ton père ait de temps à autre de mes nouvelles. Ta dernière lettre est du 29 avril. Je n’ai rien reçu depuis et j’en suis un peu surpris car plusieurs cartes du mois de mai sont arrivées. Je ne suis pas trop inquiet cependant car la correspondance est assez irrégulière. Dans sa carte papa me dit que seules les âmes bien trempées peuvent faire face aux difficultés actuelles.
Je sais que la vie est particulièrement difficile en France, surtout en zone occupée. Les quelques nouvelles qui me parviennent attestent ces grosses difficultés surtout dans les grandes villes.
J’espère que votre vie à Arfons n’a pas trop changé et ne s’en ressent pas outre-mesure. J’espère également que le chômage n’atteint encore pas l’entreprise Gaston. Si tu as besoin de produits pharmaceutiques, en trouves-tu ?
Je voudrais que ma longue détention ne sape pas ton moral surtout ne pense pas que je sois susceptible de me décourager. Je la subis avec le maximum de résignation.
Quelques anciens combattants sont libérés. Ma santé est toujours excellente. Si je réussis à pouvoir faire prendre une photo du groupe dans lequel je travaille, je te l’enverrai. Le jardin doit être en plein rendement, tu dois être occupée à faire des cueillettes. Parles m’en. J’espère que ta mère est à présent en parfaite santé ainsi que toute la famille. Envoies moi du dentifrice et 1 m de mèche amadou pour briquet. Je t’aime, baisers, Jean »


Nom : Dupaquier
Prénom : Gustave
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Aubigny-les-Sombernon
Matricule de PG : 28382
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière, document acheté sur Delcampe
Support : Carte à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag X C
Destinataire : ses parents, Robert Dupaquier

Carte lettre de Gustave Dupaquier, prisonnier matricule 28 382, Stalag XC, à Robert Dupaquier, Grosbois en Montagne, Aubigny-les-Sombernon, Côte d’Or.

« Dimanche 2.5.41
Chers parents. Vos nouvelles toujours rare, dimanche dernier ai eu une carte de Pauline. Cette semaine que quatre où cinq, pour trente deux que nous sommes. Hier, 1er mai ainsi qu’aujourd’hui nous avions repos. En même temps que cette carte, vous expédie une étiquette. Pourriez vous me procurer un savon, dentifrice. Je souhaiterais bien que la classe soie venue avant de le recevoir, mais ? Bonjour à tous. Votre fils.
Dupaquier »

Nom : Masclef
Prénom : Henri
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Calais
Matricule PG : 70 439
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag XC commando 1215
Destinataire : ses parents
 
« Le 1 mai 1941. Cher papa.
J’ai bien reçu tes deux cartes et si j’ai tant tardé à te donner personnellement de mes nouvelles c’est que vu le nombre limité de notre correspondance, il m’est difficile d’en priver Yvonne. J’espère que tu te portes bien, ainsi que toute la famille ; moi cela va ma santé est bonne mais je trouve le temps bien long, voici un an que je suis prisonnier et nous sommes toujours au même point. Comme travail, je fais du travail de terrassement, cet hiver j’ai fait le docker au port. J’aurai plus d’une corde à mon arc en rentant. Pourrais tu m’envoyer un colis avec des biscuits de soldat et une dizaine de paquets de tabac gris car fumer c’est notre suprême consolation. Sais-tu ce que sont devenus Brulin, Serge et Stalin ; ce dernier je l’ai vu pour la dernière fois à Bambeck près de Dunkerque avant la débâcle. Comment vivez-vous à Calais êtes-vous à peu près ravitaillés ? Yvonne me dit que la vie à Paris est chère, à Calais aussi je pense. Pour le colis mets le n° du commando 1215 et fais le passer par le service de la Croix Rouge c’est plus sûr. Bons baisers à tous Henri »
 
« Le 21 septembre 1941
Cher papa je te remercie ainsi que Fernande pour ce que vous avez envoyé à Yvonne pour moi. Je travaille de nouveau dans une ferme et je suis bien nourri et bien traité. Je me porte bien, toi aussi j’espère. Je te joins 2 photos. En ce moment nous faisons le 2e foin. Il fait beau. J’espère toujours que la classe est proche. Bons baisers bonjour chez Bob.
Henri ».
 
« le 16 novembre 1941
Cher papa. J’espère que tu as reçu ma dernière carte avec les photos. Je me porte bien, surtout depuis que je travaille dans une ferme. Et toi comment vas-tu ? ne te tracasse pas à mon sujet, je ne manque de rien. Je te fais par anticipation mes souhaits de nouvel an, espérant que l’année prochaine sera la bonne. Bons baisers amitiés chez Bob
Henri »

Nom : Julien
Prénom : Robert
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Saint Mandé
Matricule PG : 44 827
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag IV B
Destinataire : sa femme
 
« 1er janvier 1941
Ma femme chérie, mon cher petit garçon, je viens aujourd’hui, premier jour de l’année 41, vous la souhaiter bonne, heureuse, en espérant qu’elle nous réunira tous les trois car le temps est long. Vous devez le trouver long aussi. Ma chérie, je suis toujours avec vous par la pensée surtout un jour comme aujourd’hui. Je pense que vous avez été à Auxerre et que tous c’est bien passé. Recevez, mes deux chéris, mes meilleurs baisers. Robert Julien »
 
« Dimanche 5 janvier 1941
Ma femme chérie, mon cher petit garçon, quelques mots pour te dire que je suis toujours en bonne santé et je pense que vous êtes tout les deux de même. Je n’ai pas eu de vos nouvelles depuis ta dernière lettre qui était du 30 novembre. J’ai eu le colis avec le pull-over et les gants et le tabac, ça m’a fait rudement plaisir. J’ai reçu aussi une carte de Marie-Rose du 27. J’ai eu deux cartes pour le jour de l’an, j’en ai profité pour lui écrire. Je pense que là-bas ils sont tous en bonne santé, je pense aussi que la jambe à la mère va beaucoup mieux, elle n’a vraiment pas de chance. Ma chère petite, quel temps fait-il à Paris ? As-tu seulement du charbon. Ici il y a beaucoup de neige. Etes-vous prévenu qu’à partir du 1er janvier, vous pouvez nous écrire qu’avec les lettres que nous vous enverrons qui seront double. Pour les colis, nous vous enverrons des bandes spéciales portant notre adresse et vous aurez droit, parait-il, à un colis d’un kilo et un de cinq kilos par mois. Je te demanderai si c’est possible de me mettre dedans, des biscottes ou des biscuits, du saucisson sec, du chocolat, ce qui me ferait plaisir ce serait aussi une boîte de cassoulet, ça me changerai un peu et surtout beaucoup de tabac et du papier à cigarettes JOB. Ma chérie, je vais vous quitter pour aujourd’hui. Presque toutes les nuits, je suis chez nous, mais ce n’est qu’un rêve. Tu donneras bien le bonjour à tous les amis, surtout à Bourgine et à Estier. Je pense que Maurice apprend bien à l’école. Mes deux chéris, je vous envoi mes plus doux baisers. Celui qui vous aime. Robert Julien »
 
« 16 novembre 1941
Ma femme chérie, mon cher petit garçon. Je suis toujours en bonne santé et je pense que vous êtes tous deux de même. J’ai reçu il y a une dizaine de jours une lettre de toi, chère aimée, datée du 22 octobre qui m’a fait beaucoup plaisir, j’ai reçu aussi un colis où il y avait des livres mais je n’est pas pu voir la date du départ. Tout ce qu’il y avait était très bon, mais surtout vous privez pas pour moi. Je vous le répète encore une fois. Aujourd’hui nous mangeons des haricots, nous trouvons cela très bon, à côtés de nos éternelles patates en robes de chambres.
Dimanche dernier, j’ai envoyé ma carte chez vous, je pense que tu as des nouvelles et qu’ils sont en bonne santé. J’en vais envoyer une à Edouard, tu ne m’a jamais dit s’il t’avait dit l’avoir recue car il ne m’a jamais répondu. Je pense que tu as aussi de ces nouvelles, et qu’il n’est pas malade, envoie le bonjour à tous.
Chérie, voiçi encore bientôt Noël, et nous sommes toujours la, je croit que nous en avons encore pour un moment, quel temp fait il à Paris ? Içi il gèle déjà fort, pauvre chérie as-tu seulement du charbon ? Ah, si j’était là bas, je trouverai du bois pour nous chauffer. Tu me dit que tu ne peux pas avoir du savon. Ne m’envoie rien alors, tu me dis que ce que ti as récolté au jardin ta couter assez cher, ça je m’en doute bien, va, car les copains, tu sais j’en sais quelques chose, quand en les vois c’est qu’il y à quelque chose à gratter, je te prie qu’à mon retour, tu n’en verras pas beaucoup à la maison, à part ceux qui sont ici avec moi. Ah, j’oubliai au prochain colis, met moi un paquet de poivre. Montal t’envoie le bonjour. Je vous quitte mes deux chéris en vous envoyans mes plus doux baisers.
Celui qui pense constamment à vous et qui vous aimes
Robert Julien »

Nom : Duffilot
Prénom : Jacques
Date de Naissance : inconnue
Domicile : -
Matricule PG : 20 448
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag XII A
Destinataire : abbé Paul Petit à Paris XIe
 
« 13 janvier 1941
Cher Paul et frère routier. Malgré votre arrêt à Trêves et les divers bouthéions vous concernant, j’espère que tu es enfin rentré dans ton Paris et que tu as retrouvé  tous les tiens en bonne santé. Ici votre départ a laissé un grand vide … mais heureusement que Leroy est « gonflé » et je m’entends fort bien avec lui. Parmi les nombreuses visites que tu dois faire ne te dérangerai-je pas trop en te demandant d’aller voir ma tante (sœur de ma belle-mère) mlle de Faucon, 5 rue des Sablon. Elle s’intéresse à ce que je fais et serait, je crois, très heureuse d’avoir de mes nouvelles de vive voix. Donnes nous de tes nouvelles et crois en ma très grande amitié scoute.
Jacques »

Nom : Szuler
Prénom : Jan
Date de Naissance : inconnue
Domicile : -
Matricule PG : 44 119
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag XII C
Destinataire : abbé Paul Petit à Paris VIIe
 
« 5 mai 1941
Monsieur l’abbé
Je vous écrie ces quelques mots pour vous. Nous sommes tout trois ensembles et nous sommes en bonne santé. J’espère que ma lettre vous trouvera chez nous et vous trouverez de même. Je vous demande de correspondre avec moi.
Szuler »


Lettres de PG : 1942

Nom : Creton
Prénom : Maurice
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Valencay, Indre
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français responsable de la bibliothèque
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Kriegsgef. Offizierlager IV D
Destinataire : Jean Brunon à Marseille
 
« 13 octobre 1942
Monsieur, le groupement des anciens de la Légion Etrangère me charge de vous demander si vous pouvez nous envoyer, à titre remboursable, un exemplaire du livre d'or de la Légion et une collection de 2 ou 3 ans de la revue [la Légion Etrangère].
Dans le cas favorable, une étiquette colis vous serait envoyée immédiatement. Ceci, dans le but de préparer le 30 avril prochain. Nous voyons à longue échéance. Si vous possédez d'autres documents intéressants pour exposition ou reconstitution, nous en sommes preneurs dans les limites du raisonnables.
Respectueusement »


Nom : Sévaux
Prénom : Alfred
Date de Naissance : inconnue
Domicile :
Matricule PG : 28250
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag VIII A
Destinataire : sa mère à Avranches
 
« Stalback, le 16 novembre 1942.
Chère maman et cher Thoisne. J’ai reçu la semaine dernière vos cartes et lettres des 7, 15, 24 septembre et du 10 octobre. Je suis content de vous savoir en bonne santé. J’ai reçu le 10 le colis de la kermesse, le 12 un colis envoyé le 10 (ces deux colis venaient de mon ancien stalag) et le 13 un colis arrivé directement. Vous voyez que je ne manque pas de vivres pour le moment. Ici il n’y a pas de cartes de réception de colis aussi remerciez bien pour moi les organisateurs de la fête, cela fait bien plaisir de voir qu’on est pas oublié. Merci aussi à Fernande pour le poulet et les poires de l’avant dernier colis qui étaient sans doute de sa fabrication, à mme Legoff et à Christiane Basquet pour le chocolat et à mme Lemare pour le pain. Hier, avec deux œufs et de la farine d’un copain, j’ai fait des crêpes. Je serai content de recevoir de la farine pour pouvoir en refaire. Mon copain l’opticien est bien malade, on a dû le transporter à l’hôpital. J’ai peur qu’il ne s’en tire pas. Ici nous avons le journal parlé deux fois par jour dans les baraques aussi nous sommes au courant des derniers événements. Je crois que la guerre entre dans une phase décisive. Cette après-midi je suis allé trouver l’aspirant de confiance pour ma délégation de solde, le nécessaire va être fait. Je l’ai faite du maximum, c'est-à-dire je crois de 900 francs par mois. Je compte envoyer une lettre chez Francisque dans quelques jours. J’espère que l’héritier n’aura pas trop longtemps à attendre après son parrain. J’ai été très touché en apprenant la mort de mme Vautier, vous présenterez toutes mes condoléances à mr Vautier ainsi qu’à Roger qui j’espère est complètement rétabli. Pour moi la santé est bonne, le moral excellent. Je vous embrasse bien affectueusement ainsi que Fernande. Bonjour à tous »


Nom : Regnault
Prénom : J.M.
Date de Naissance : inconnue
Domicile :
Matricule PG : 44 706
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag XII A
Destinataire : Abbé Petit à Paris
 
« Pentecôte 42
Mon cher Paul, je suis un salaud, c’est tout ce que je trouve comme excuse à mon long silence épistolaire vis-à-vis de toi ! Je ne te détaillerais pas par le menu les détails de cette journée de fête, tu n’as qu’à fermer les yeux et je suis sûr qu’aussitôt le souvenir de 40 et 41, te reviendront bien vite. Nous avions monté un spectacle de plein air grandiose. Quelque chose comme les six jours (à pieds et réduits pour la circonstance à quatre heures). Les types auraient bossé comme des nègres, la fête promettait d’être réussie en tous points mais les vannes célestes ne se sont point montrées assez étanches et le spectacle a été reporté à huitaine ; enfin mieux vaux tard que jamais. Les cérémonies religieuses se sont déroulées comme d’habitude au théâtre pour la grand’messe, orchestre avec Vinay, la chorale sous la haute et compétente direction de Sepa. La vie ici a bien changé depuis votre départ. Tu as su les départs de Louis et de son équipe. Là où ils sont, ils ont retrouvé Martel. Au journal tout ou presque est changé, il ne reste plus que Fernand. Guy est parti au travail ainsi que Choux. Il avait besoin de changer de métier et surtout de ne plus vivre renfermé toute la journée dans un bureau. Le boulot ne manque pas. Tu dois t’en douter. Il y a depuis quinze jours un officier français détaché d’un oflag et conseiller après entente avec Scafini et les autorités allemandes. Où sont les vieux jours où l’on travaillait ensemble, mais s’ils sont du domaine passé, l’expérience reste acquise et toi, heureux civil, qui deviens tu ? La vie quotidienne doit être loin du rose et de l’agréable, surtout depuis quelques temps et il est fort à craindre qu’elle n’aille en empirant. A mon premier passage à Paris, tu auras ma visite, mais quand ? Fraternellement »
 


Nom : Vic
Prénom : André
Date de Naissance : inconnue
Domicile :
Matricule PG : 40 207
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag XII A
Destinataire : Abbé Petit à Paris
 
« Le 4 octobre 1942
Monsieur l’abbé. J’espère que vous vous souvenez de moi, je vous ai connu à la Propagande pour l’Unité. Je me trouve d’ailleurs prisonnier à votre ancien stalag. Je suis maintenant au Ko 1737, où je fais partie de la chorale, sous la direction de mr l’abbé Farvaque. Nous y faisons un travail très intéressant, mais notre activité est maintenant entravée par suite du bombardement de note camp, où toutes nos partitions ont été détruites. Je vous serai donc reconnaissant d’hâter l’envoi des partitions que nous recevrons avec une grande joie. Merci d’avance, meilleur souvenir. Unis en NS
André ».


Nom : Gaston
Prénom : Jean
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Castillon sur Dordogne puis Arfons sur Tarn
Matricule PG : 54 351
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag X C puis Stalag X B
Destinataire : madame Jean Gaston, sa femme
 
« 25 octobre 1942
Chère Paulette, chers tous.
Tu dois avoir reçu une 2e lettre de mme Pierrefeu car le 28 septembre tu n’avais encore pas répondu à la 1ère, comme nous allons vers les mauvais jours, suspends toutes les démarches pour le moment. Pierrefeu l’a également fait savoir à sa femme quoique tout soit prêt pour lui. Nous vous avertirons à temps lorsqu’il faudra que vous repreniez vos démarches. Il fait mauvais, il pleut tous les jours, les premières gelées matinales sont arrivées. J’ai reçu mon pull à temps. Avec cette épaisseur de lainage sur moi, je ne crains pas d’affronter l’hiver allemand. Le travail dans les champs est loin d’être terminé. Il faut encore récolter presque un hectare de carottes et plus de un hectare de rutabagas. Nous sommes à l’époque du travail le plus dur parce que même sous la pluie ou le froid, il faut finir la rentrée des récoltes. Ne te fais pourtant aucun souci. Tu sais que je suis physiquement résistant. Je suis en très bonne santé et en pleine forme. Moralement, je garde toujours mon parfait équilibre. J’ai su m’adapter au travail que j’étais obligé de faire. Je me suis mis adroitement au labeur manuel ; on ne peut point me reprocher que je ne fais point mon travail. J’espère que tu enverras mes étiquettes en retard avant la suppression des colis habituelles de décembre. Dans tes lettres d’hiver tu me parleras beaucoup de ta santé. J’avais écrit une carte à Mado. Je n’ai point eu de réponse. Bons baisers à tous. Je t’embrasse. Jean »


Nom : Genretet
Prénom : Pierre
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Lyon
Matricule de PG : 88599
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière, document acheté
Support : Papier à lettre et carte lettre distribués aux PG
Lieu d’envoi : Stalag XI A
Destinataire : sa famille
 
Lettres et carte de Pierre Gerentet, prisonnier de guerre n° 88599, au stalag XIA, madame et monsieur Jean Gerentet 97 rue Bechevelin à Lyon, Rhône.
« 14-12-42
Bien chère Madeleine, cher Jean. 42 s’écoule. Quand vous recevrez ma lettre, vous aurez déjà formulé les vœux de bonne année. Recevez les miens, ce sont ceux d’un prisonnier, croyez les sincères, ils viennent du cœur. Je vous souhaite bonne santé et surtout bon moral et confiance en Dieu, pour nous permettre de supporter cette épreuve et attendre des jours meilleurs. Car il nous en faut pour vous aussi civils, qui avez charge de famille, surtout d’une jeune famille, qui n’entend pas toujours raison avec des paroles qui lui faut des choses plus substantiels. Je pense que les petits sont en bonne santé et ne vous donne que consolation, joie et confiance en l’avenir. Je souhaite et mes neveux et nièces, Monique, Suzanne et Georges que le petit Jésus vienne déposer dans leurs souliers de jolies choses. Je suis content de savoir que Monique travaille bien. Quand je suis parti à la guerre, j’avais laissé une petite Monique de 4 ans. Quant je rentrerai je ne la reconnaitrais plus. Est-ce-que la relève est obligatoire en zone libre ? En es-tu inquiété ? J’espère que non, toi qui a 3 enfants. En connais-tu qui soient partis en Allemagne, dans ton entourage et de ma connaissance, à l’Air Liquide, chez Berliet par exemple. Dans mon kommando, personne n’est parti par la relève, pourtant nous avons 4 pères de famille de 3 enfants, 2 qui cultivateurs de plus de 40 ans. Je suis toujours chez le même pépiniériste et ne m’en plaind pas. Jusqu’à maintenant nous avons eu très beau temps, nous n’avons eu que 2 jours de neige. Quelles sont les réactions des Français devant toutes les trahisons de Giraud, Darlan, ect… car ils sont nombreux, ceux qui nous lâchent, heureusement que nous avons Pétain.
Je vous embrasse affectueusement
Pierre »

Nom : Lhopital
Prénom : Claudius
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Oullins
Matricule de PG : 51057
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière, document acheté à un bouquiniste
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag V C
Destinataire : ses parents
 
Claudius Lhopital, prisonnier de guerre n° 51 057, stalag VC, à Georges Lhopital, 21 chemin de la glacière à Oullins, Rhône.
« Dimanche le 1er février 1942. Mes chers parents. Deux mots pour vous dire qu’ici tout va bien, je suis toujours en très bonne santé et j’espère bien qu’à la maison il en est de même ainsi que dans toute la famille, chez Lilie, la famille Lassout et tous les amis. Voilà déjà quelques temps que je n’ai pas reçu des nouvelles de Lilie mais j’espère bien qu’elle est en bonne santé tout de même, et puis en ce moment, c’est bien comme vous me le dites le courrier marche très mal, en ce cas il pourrait bien ce faire qu’il y est plusieurs cartes ou lettres qui sont en route et je pense bien en recevoir une ou deux un de ces jours, c’est pour cela d’ailleurs que je ne me fais pas trop de mauvais sang. J’ai reçu cette semaine une lettre de vous qui m’a bien fait plaisir de vous savoir tous en bonne santé et que tout va bien. J’ai reçu un colis de vous le 21 janvier ou le tout qui était marqué sur l’étiquette qui était dedans et tout était en bon état. Je vous remercie beaucoup. J’espère que votre travail marche toujours bien. Ici nous avons toujours du travail mais enfin ça peut aller, car il y a tellement de neige dans les montagnes qu’ils ne peuvent pas aller chercher des arbres, mais c’est toujours ça de pris en passant car au printemps dès les beaux jours ça va commencer à rappliquer de tous els côtés. Je pense pas vous envoyer de mandat pour le moment car comme je vous le disais je croyais que nous allions avoir une légère augmentation mais il n’y en a pas eu alors tant pis. Ce sera pour plus tard. J’aimerais bien mieux comme vous pouvez le pensez qu’ils ne nous payent pas du tout et puis qu’ils prennent une décision énergique pour nous renvoyer chacun chez nous ce serait encore tous ce qu’il y aurait de plus beau pour nous tous, mais enfin souhaitons de tout cœur que l’année 42 sera décisive pour nous, car nous en avons bien assez de cette vie, bien que nous soyons pas maltraités, au contraire. Là-dessus mes chers parents je ne vois plus grand chose à vous raconter pour aujourd’hui. Embrassez toute la famille, Lilie, la maison Lassant pour moi et bien le bonjour à tous les amis. Je vous embrasse bien fort tous.
Antonin »

Prénom : Gustave
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Aubigny-les-Sombernon
Matricule de PG : 28382
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière, document acheté sur Delcampe
Support : Carte à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag X C
Destinataire : ses parents, Robert Dupaquier
 
« le 16.5.42
Chers parents. Enfin cette semaine ai eu de vos nouvelles. Une lettre de Pauline du 20.4.42, mon petit filleul aurait été bien malade ainsi que Mimile. Souhaite qu’à présent ils soient complètement remis. Charles n’a vraiment pas de chance non plus, n’a-t-il pas changé d’adresse. Remercie Mme Durandeau pour la petite boîte de bonbon. La santé continue a être bonne. Souhaites pour tous de même. Baisé.
Dupaquier ».

Nom : Doux
Prénom : René
Date de Naissance : inconnue
Domicile : inconnu
Matricule de PG : 107 423
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière, document acheté à un bouquiniste
Support : Carte postale distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag XVIII A
Destinataire : à sa nièce, Simone Morchoisne à Jaunay-Clan
 
Wolfsberg, le 26 août 1942
Ma petite Monette chérie.
Merci de ta petite carte qui m’a bien fait plaisir. Je suis heureux de te savoir en bonne santé ainsi que ta maman. Pour moi rien de nouveau pour le moment, je suis en bonne santé ; la le travail va, et le moral se maintient. Quoi que le temps semble long. Je me demande quand sera la fin de ce cauchemar. Tu embrasseras bien fort maman et Christiane pour moi ainsi que ta maman ? Je te souhaite bonne santé et pense que tu ne t’ennuie pas trop. Reçois de ton parrain qui ne t’oublies pas et t’embrasse bien fort de loin, mes meilleures amitiés de loin. René ».


Nom : Boche
Prénom : Maurice
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Saint-Sauveur
Matricule de PG : 13 533
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière, document acheté sur Ebay
Support : Papier lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag IX C
Destinataire : à ses parents
 
« Le 25 janvier 1942
Chers parents, chers frère, sœur, neveux et nièce, le 19 de ce mois j’ai reçu le colis envoyé le 30 décembre, où il y avait chocolat, riz, marrons, gâteaux, etc. Je vous en remercie très chaleureusement, mais je vous en prie ne vous privez pas pour m’envoyer de tel colis. Vous voudrez bien remercier tante Hermine ; les gâteaux sont excellents. Il y a un instant nous venons de prendre un bon chocolat au lait avec gâteaux. Dans cette lettre, je vous envoi ma photo, ainsi que celle de quelques camarades de ma chambre. Je suis toujours le même comme vous pouvez le voir. La chambre où je loge se trouve derrière nous. Le 15 j’ai envoyé une carte chez mr Baudry pour les remercier. Maintenant vous aurez toutes ces caisses de livres à vous embarrasser. J’ai dit les messes données par tante Marie et la mère Alphonsine. Maintenant vous avez sans doute reçu l’argent envoyé au mois de septembre. A la fin de ce mois je vais probablement vous envoyer 20 autres marks, 400 francs. Chaque jour nous gagnons 0 mark 70, 14 francs, nous sommes payés à la fin du mois. Cette année nous avons beaucoup moins de neige que l’an passé. La nuit dernière et aujourd’hui il s’est mis à en tomber. Le dimanche je vais dire la ste messe dans les kdo voisins où il n’y a pas de prêtre. Je puis circuler seul ainsi à 15 km tout autour de la ville où je suis. Ma vie de prisonnier a ainsi un autre sens. Priez bien pour moi, afin que toujours j’agisse en prêtre. Ma santé est excellente, la vôtre aussi ? Bonjour aux parents et amis. Je vous embrasse tous.
M Boche pte ».

Nom : Masclef
Prénom : Henri
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Calais
Matricule PG : 70 439
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag XC commando 1215
Destinataire : ses parents
 
« Dimanche 1er février 1942. Cher papa. Je m’excuse de ne pas te favoriser plus souvent de ma correspondance aussi, aujourd’hui je te consacre une lettre. Je te remercie ainsi que Fernande de ce que vous avez envoyé pour moi à Yvonne ; mais surtout ne vous privez pas pour moi, car à part du tabac, étant bien nourri ici à la ferme, je n’ai besoin de rien. A part un léger rhum, je me porte bien, j’espère que toi aussi tu supporte bien l’hiver. Ici la température oscille entre – 10 et – 20 avec pas mal de neige. En ce moment je fais le bûcheron et je soigne les bestiaux. Le soir au kommando nous avons du bon feu. Tu vois je suis mieux que l’an dernier. As-tu toujours des nouvelles des copains qui sont prisonniers comme moi. Et le ravitaillement comment marche-t-il à Calais ? Trouves tu ce qu’il te faut ? est-ce que le docteur Ducrocq vient toujours te voir ? Bob a-t-il du travail comme il veut ? espérons ce cette année sera pour moi celle du retour. Fais mes amitiés chez Bob et aux amis. Je te souhaite une bonne santé et t’embrasse bien fort. Henri ».

Nom : Girard
Prénom : Marcel
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Vieille-Brioude
Matricule PG : 27 607
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag VIC
Destinataire : sa femme
 
« Dimanche 27 décembre 1942
Ma chère petite femme chérie, je réponds à tes lettres du 23 et 29 novembre et à celle du 6 décembre qui m’a bien fait plaisir de vous savoir tous en bonne santé, moi ça va toujours bien, enfin voilà encore un Noël de passé bien triste pour nous, j’espère que ce sera le dernier. Dans un prochain colis, il me faudrait un calendrier le même que l’an passé, 2 ou 3 lignes à écrire par jour et une brosse à dents. Vu le peut de place, je termine ma chère petite femme bien aimée en t’envoyant beaucoup de baisers de ton mari, tu embrasseras bien tout le monde chez toi et chez moi pour moi et chez mon frère. Mille baisers Girard Marcel »

Nom : Duffilot
Prénom : Jacques
Date de Naissance : inconnue
Domicile : -
Matricule PG : 20 448
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag XII A
Destinataire : abbé Paul Petit à Paris XIe
 
 
« 15 juin 1942
Bien cher Paul, où est il le temps où nous travaillions ensemble ? Par suite de difficultés nous ne faisons plus de CE d’action catholique. Mais ayant besoin de faire quelque chose ; dans le cadre du maréchal Pétain, je réunis les SR et quelques autres jeunes et nous étudions les mouvements de jeunesse. A cet effet, peux-tu me donner une idée sur ce qui se fait en zone occupée. Actuellement Coco couche et mange à la 4 A. Nous faisons popote avec jean Marie – Dédé – Louis SAget (un lyonnais de Trêves) et Guy Duschennay. Il y a bien des bouleversements, fini les petits coins. Amitiés de tous. J.L. va mieux (moralement) en ce moment. T’envoie une étiquette. Merci. Crois en mon amitié scoute bien sincère.
Jacques »




Lettres de PG : 1943

Nom : Sévaux
Prénom : Alfred
Date de Naissance : inconnue
Domicile :
Matricule PG : 28250
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag VIII A
Destinataire : sa mère à Avranches
 
« Stalback le 21 avril 1943
Ma chère maman et chère Thoisne. J’ai touché le 15, le colis de Poignes de Villedieu et votre colis du 24 mars. Ils étaient au complet et en excellent état. Un œuf était cassé : il faut faire bien attention à l’emballage des œufs, surtout maintenant que vont venir les chaleurs. Le rôti de Villedieu était épatant. Le même jour, j’ai reçu votre lettre du 2 avril et la lettre de ma tante du 28 mars. La photo de Roger m’a fait plaisir. Il doit souffrir des restrictions car il avait un appétit féroce. Je suis content pour lui qu’il ait un emploi qui le dispensera, je crois, de venir ici. Un seul membre de la famille, c’est déjà bien trop. Depuis dimanche, nous sommes en vacances, mais ce sont de drôles de vacances, jugez-en : lundi matin, un appel de 5 heures, l’après-midi séance d’épluchage de pommes de terre de 3 heures. La nouveauté du jour est que maintenant c’est notre baraque qui va se faire les peluches pour tout le camp : cela représente une matinée entière de perdue tous les deux jours. Nous avons fait une protestation au recteur de l’Université et pour le moment, nous en attendons le résultat. Autre tuile, ma dent sur pivot s’est cassée toute seule cette nuit. Le devant s’est fendu et s’est déplombé. C’est réparable, mais je ne crois pas pouvoir le faire ici. Cet après-midi nous avons été piqués, la même piqure qu’au régiment mais à la poitrine. Ce soir cela va très bien, je n’ai pas du tout la fièvre. J’espère que vous êtes en bonne santé ; je vous remercie pour les colis ainsi que tous les généreux Sourdins. Je vous embrasse bien affectueusement ainsi que Fernande. Bonjour à tous ».
 
« Stalback, le 23 septembre 1943
Chère maman et chère Thoine.
Me voici rentré au camp. Le retour s’est fait rapidement : départ de la ferme dimanche après-midi et retour de la compagnie à Stalback par train de voyageurs le lendemain.
Seulement deux heures d’arrêt à Königsberg, ce qui nous a permis d’aller visiter un peu la ville. J’ai regagné ma baraque et ma niche qui, la première nuit surtout, m’a semblé un peu dure. J’ai appris en rentrant une bien triste nouvelle : la mort de mon camarade Droguet. Vous le savez déjà sans doute car tout le nécessaire a été fait immédiatement. Dans ma prochaine lettre je vous donnerai tous les renseignements que j’ai pu obtenir  sur sa maladie et sur sa mort.
Pour moi, la moisson s’est très bien passée : nous avons travaillé dur seulement les trois premières semaines ; le dernier mois peut-être considéré comme un mois de vacances. C’est pourtant sans regrets que je suis rentré de me faire enfermer derrière les barbelés. Il y a de nouveaux venus au camp : 10 000 italiens ; aussi on a dû faire une compression dans le camp d’aspirants : on nous a enlevé quatre baraques. Beaucoup d’aspirants logent maintenant dans ma baraque : c’est très bon pour nous car nous sommes en quelque sorte assimilés ; il n’est plus question de départ pour nous. En ce moment, nous faisons de grands aménagements dans la baraque de façon à passer notre dernier hiver de captivité le plus confortablement possible.
Ma santé est excellente, je voudrais qu’il en soit de même pour vous. Ne vous inquiétez pas pour moi, je vous reviendrai bientôt. Nous avons tous bon moral et espérons dans une fin prochaine. J’ai parlé 5 minutes à travers les barbelés avec Villain, je lui raconterai dimanche la naissance de Kermesse.
Bons baisers »
 
« Stablack le 23 décembre 1943
Chère maman et chère Thoisne. J’ai reçu ce soir votre carte du 10 décembre. Lundi, j’ai touché le colis du poulet à la poste du camp et non à celle des aspirants : c’est ce qui explique son retard. Je vous remercie ainsi que Fernard pour ce très beau colis. Tout était en excellent état. Nous mangerons le poulet demain au réveillon. Ce matin, un camarade de ma popote a reçu aussi un poulet en croûte : celui-là sera pour le jour de l’an. La semaine dernière nous avons tous touché le colis du Gouvernement. Depuis ce soir, je suis en vacances. Je ne peux m’empêcher de penser aux vacances de noël d’autrefois, passés près de vous. Comme ce serait bon dans cette fin d’année de se retrouver dans sa maison après plus de trois années d’absence ! Comme se serait bon de vous embrasser et de se faire un peu dorloter ! J’espère fermement que la nouvelle année venue verra ce bonheur se réaliser. Je ne sais si l’hiver sera dur. Jusqu’ici il n’a pas fait très froid. Le peu de neige tombé n’avait pas tenue, mais depuis ce midi il neige sans arrêt : nous n’aurons pas un Noël sans neige. Ce soir dans toutes les popotes on se préoccupe du menu du réveillon. Il y aura partout à manger, mais cette année encore ce sera un réveillon sans pinard. Je joins à ma lettre une photo, elle n’est pas très réussie. Les camarades qui sont avec moi sont des Normands du camp. Vous pourrez constater que Villain n’a pas maigri. Le dernier à droite et à genoux est un camarade de Villain et de moi : il est clerc de notaire à Joigny.
J’espère que vous êtes en bonne santé. Pour moi, cela va toujours bien ; pas le moindre rhume. Quant au moral, en dehors de quelques moments de cafard, il est excellent dans l’ensemble. Nous sommes de nouveau en état d’alerte pour le départ au travail.
Tous les non sous-officiers qui restaient à la baraque ont été envoyés en kommando la semaine dernière. On parle d’autres départs pour le mois de janvier. En espérant que se ne sera qu’une alerte, je vous quitte en vous embrassant bien affectueusement ainsi que Fernande ».


Nom : Ricoux
Prénom : Jean Marie
Date de Naissance : inconnue
Domicile :
Matricule PG : 51 597
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag X A
Destinataire : Ourouse à Arlanc
 
« 3 décembre 1943
Cher beau-frère et belle-sœur, que cette carte vous apporte toute mon affection et mes vœux les plus sincères. Que Dieu vous garde en bonne santé et bénisse votre cher foyer. Je vais très bien, mais m’ennuie bien ici. C’est long et dur de vivre ainsi. Espérons enfin que cette année nous ramènera tous en famille. Que faites vous mon cher Charles ? Le travail va-t-il un peu. J’espère que ma petite nièce profite bien. Toutes mes amitiés à la tante et au cousin Coupat. Baiser à tous les deux et un bien gros à ma petite Védé. Jean »


Nom : Moreau
Prénom : Lucien
Date de Naissance : inconnue
Domicile :
Matricule PG : 1081
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag XII F
Destinataire : Abbé Petit à Paris
 
« Forbach 31 octobre 1943
Monsieur, vous avez du recevoir, il y a quelques jours, une lettre vous parlant d’un jeune homme né le 4 juillet 18, employé à la Banque de France, préparant le concours d’adjoint technique des Ponts et Chaussées, et demeurant 19 avenue Sainte-Marie à Saint Mandé dont les parents sont de petits rentiers. Pourriez-vous me dire quelle sorte d’activité je pourrais avoir à mon retour, dans mon milieu. Monsieur Henri m’a été d’un grand secours, à plusieurs reprises, lors de ses passages à notre camp. Croyez à mes remerciements et sentiment les plus sincères. L. Moreau »


Nom : Zaigle
Prénom : Jacques
Date de Naissance : inconnue
Domicile : -
Matricule PG : 30 707
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stammalger II A
Destinataire : Paul Petit
 
« 24 octobre [1943]
Mon cher Paul.
Il y a bientôt trois ans que nous nous sommes quittés, et je continue toujours ma vie de prisonnier sur les bords de la Baltique, occupé du soin des malades du camp, genre de travail qui me convient très bien. De tout notre groupe d’Alençon, il ne reste ici que Joseph Kauffmann et moi, Salleg a été rapatrié il y a peu de temps et Quatrebarbes a retrouvé le château paternel, Jacques et Gaston sont retournés chez les Pères Blancs depuis plus d’un an.
Le chemin de croix est plus vivant que jamais, Henri en est l’animateur. Et toi, que deviens-tu ? J’ai vu sur l’Ordo ta nomination à Notre Dame des Champs, c’est une belle paroisse qui ne doit pas te faire regretter le XIe. Es-tu toujours en relation avec Massez ? Dis lui toutes mes amitiés. J’ai coutume, malgré tout, à faire quelques études, les supérieurs m’ont fait espérer une ordination rapide après mon retour. Si tu désires des nouvelles plus détaillées, vas voir J. Tastu 8 rue de l’éperon dans le Vie. As-tu des nouvelles de M. Morel. Reçois mon cher Paul avec mon meilleur souvenir l’expression de ma plus sincère amitié. J Zaigle »


Nom : Genretet
Prénom : Pierre
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Lyon
Matricule de PG : 88599
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière, document acheté
Support : Papier à lettre et carte lettre distribués aux PG
Lieu d’envoi : Stalag XI A
Destinataire : sa famille

« 14.8.43
Cher Jean. Je pense que vous êtes tous à Sant-Genis. Comment trouvez-vous les enfants. Monique avec ses 8 ans ; est-elle devenue docile, moins nerveuse, l’école et la fréquentation d’autres enfants ont du al rendre raisonnable et lui donner conscience de son rôle de grande sœur. Change-t-elle avec plus d’appétit. C’est un âge tellement critique dans la formation de l’intelligence, qui demande de l’attention. Et Suzon, je l’ai quitté poupon et sage comme une image, comment évolue son caractère, est-elle toujours la même enfant calme et douce. Quant à Georges je connais peu de chose sur lui. S’amusent-ils tous ensemble. Ont-ils bien grandit ? Je suppose que Suzon rattrape Monique. Magdeleine, vous devez avoir beaucoup de travail et de soucis pour nourrir tout ce monde. Sais-tu où habite Jacquot ? Travaille-t-il toujours chez Bizot. S’occupe-t-il toujours de cette organisation sociale dont-il faisait parti avant-guerre ? J’ai dit à maman, il y a un mois qu’il était question que nous soyons transformé en travailleurs libres (comme les Français qui viennent travailler ici). Ce n’était que sur les dires de notre homme de confiance et de notre officier-conseil (un officier français par groupe de stalags, qui est en liaison avec la mission Scapini et qui peut se déplacer dans tout le secteur qu’il a à charge. Il s’occupe de nos soucis matériels, situation de famille délicate). Mais depuis nous n’avons plus rien entendu dire et je crois que c’est tombé à l’eau. Pour nous travailleurs de la culture nus aurions peu d’avantage ; et avant tout nous sommes toujours soldats. Sais-tu ce que devient ma machine à Meyzieu ? Peut-être faudrait-il la démonter, si elle n’est pas déjà partie. Actuellement nous greffons et nous avons 50 000 plants à greffer. Quant prends tu tes vacances ? La vigne est-elle belle ? Embrasses petits et grands.
Pierre ».

« 25-8-43
Cher Jean. Ginette m’écrit pendant une alerte. En avez vous souvent. Ne restez pas à Lyon. S’il y avait quelque chose je me demande si vous seriez même en sûreté à Saint-Genis et Meyzieu. Avez-vous planté des arbres fruitiers à Saint-Genis ? Trouve-t-on facilement à en acheter ? Cela serait intéressant si Jo faisait un beau verger à Meyzieu (poiriers, pommiers, pêchers, pruniers, etc…). Après la guerre cela nous rendrait service. Toujours dans les greffes, actuellement c’est le rosiers, 10 000. On se saigne les mains. Nous n’avons pas de très belles variétés. L’été est très beau, belles récoltes. Embrasses petits et grands.
Pierre ».

Prénom : Gustave
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Aubigny-les-Sombernon
Matricule de PG : 28382
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière, document acheté sur Delcampe
Support : Carte à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag X C
Destinataire : ses parents, Robert Dupaquier
 
« le 4.7.43
Chers parents. De mes nouvelles qui continuent à être bonnes. Cette semaine pas eû des votres. Suis pas inquiet en ayant eû les semaines passées. En cette saison pense à vous souvent. Devez avoir beaucoup de travail. Pour nous ici pas trop poussés de main commençons les petits pois. Avez vous reçue les deux derniers mandats que je vous ai expédié l’un fin octobre 42, l’autre fin mars 43. Dites le moi. Bonjour et bonne santé à tous. Votre fils qui vous embrasse.
Dupaquier ».
 
« le 6.6.43
Chers parents. La semaine dernière ai été heureux de recevoir une lettre de Pauline du 5.5. Jeudi dernier ai reçu également une carte du camarade Hudelot, certainement celle que Pauline lui avait expédié. De même cette semaine, ai reçu deux colis, l’un expédié le 20. 5. et l’autre le 23.5. ils ont fait vite, n’ayant mt que 13 jours. Vous remercie pour la conserve de porc qui était exquise. Bonjour à toute la famille.
Dupaquier ».

Nom : Clapier
Prénom : Emile
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Lyon
Matricule de PG : 4645/F.3.160
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière, document acheté à un bouquiniste
Support : Papier lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag IV C
Destinataire : à sa nièce
 
Lettres d’Emile Clapier, prisonnier matricule 4645/F 3 160, à la veuve de Roger Clapier 75 grande rue de Monplaisir à Lyon.
 
« Bien chère petite baby. Komofan le 18-7-43
J’espère que vous êtes toujours en bonne santé comme moi-même en ce moment. Je ne sais pas si je vous l’ai écris que j’ai reçus une carte de Vernande, il y a environ un mois, elle me dit que je suis au courant de son départ et quelle espère me dire plus tard bien des choses. Et si j’ai besoin de quelques chose il pas pas me gèné, très gentille. Elle habite 23 rue Royet je ne sais pas ou elle ce trouve cette rue. Je ne sais pas quoi vous raconté petit baby car ici il y a pas grand chose de nouveaux ; la vie est toujours la même, je ne sais pas si c’est pour cette année car la situation ne change pas vite, mais l’année prochaine c’est sertain, mais voilà trois ans qu’on dit cela. La situation a bien changé aussi. Enfin il faut éspéré voir la fin bientôt. Petit baby vous me demandé pourquoi je ne vous envoyé plus d’étiquettes colis, vous étiez a la clinique il fallait que vous guérisiez avant, et comme cela j’étais sur que vous priviez pas pour moi, car je sais que la vie est dur en France. Ici nous avons pas us encore d’été pour le moment, il fait beau depuis deux jours seulement. Dans deux mois ca sera l’hiver ce n’est pas drole ici et dans l’attente d’avoir de vos bonnes nouvelles je vous embrasse bien fort. Bons baisers.
E. Clapier ».
 
« Bien chere petite Baby. Komotau le 26-8-43
J’éspère que vous êtes complèteemnt rétablie en ce moment je viens de recevoir vos deux gentilles lettres qui mon fait grand plaisir car il y avait déjà quelques jours que je n’avais pas de vos nouvelles. Petit baby avez vous de nouveau été opéré vous ne me l’avez pas dit sur votre lettre, faite vous toujours équipe à la maison Garnier, et votre maman va t’elle bien maintenant, moi je viens d’avoir un abcès sur le bras gauche mais le voilà guéri maintenant, il y a quinze jours j’étais à l’hopital pour me le faire ouvrir. Je vais certainement reprendre mon travail lundi prochain a par cela pas de changement. Petit baby vous me dite d’écrire a papa mais vous s’avez que c’est très difficile je ne suis plus un gamin c’est dur d’oublié, toutes les fois que je reçois un colis de lui je lui envoi une carte de remerciements mais c’est tous, je ne pourrais pas faire plus. Petit baby pour les questions courriers cela va très mal en ce moment moi c’est la même chose je reste quinze jours, trois semaines et même un mois sans lettres j’en reçois trois ou quatre d’un coup. Il ne faut pas vous en faire pour cela quand la santé est bonne le reste n’est rien, quand vous étiez à la clinique j’étais bien inquiet tous de même et ne pouvant rien faire et dans l’attente d’avoir bientôt de vos bonnes nouvelles. Je vous embrasse bien fort toutes deux.
Bons baisers E. Calpier ».
 
« Bien chère petite babay. Komatau le 30-10-43
Je viens de reçevoir votre gentille lettre qui ma fait grand plaisir de vous savoir a peux près rétablie. Ou ête vous en vacance petit baby. Vous êtes loin de Lyon. Avez vous beau temps. Ici nous avons pas a ce plaindre car pour le mois d’octobre il ne fait pas trop froid. Oui petit baby les Italiens sont bien cuit il nous reste plus qu’a les manger maintenant. Cela ne leurs feras pas de mal car ils n’ont jamais us la guerre chez eux. Ils ont bien suent bombarder nos civils sur les routes mais maintenant c’est à leurs tour et bientôt ça sera le tour a d’autre que vous connaissez très bien. Vous me parliez un jour de passé travailleurs libre en Allemagne. Je vais vous raconté une histoire qui c’est passé ces derniers jours a l’usine ou je travail. Les civils Français se sont plaints avec juste raison au centre de travail. Seulement quelques jours après, trois ont us un motif quand France ont aurait pas porté attention et ils sont en prison depuis trois jours (c’est cela la collaboration). Petit baby j’ai grand espoir pour passé l’été prochain en France car ici nous comptns encore cinq à six mois de guerre. J’ai bien reçus votre petite photos qui ma fait grand plaisir, vous êtes bien toujours la petite fille, dans l’attente d’avoir de vos bonnes nouvelles je vous embrasse bien fort. Bons baisers.
E. Clapier ».
 
« Bien chère petite baby. Le 10-11-43
J’éspère que vous ête complétement rétablie maintenant au reçus de ma lettre, je vais vous grondé petite fille vous n’avez pas changé du tous sur votre photos. Vous ête bien toujour la même petite baby, maintenant parlons un peu de votre moral je vois que ça ne va pas, vous faie bien des idées. Je sais que la vie n’est pas rose en ce moment mais petit baby la fin commence a ce faire sentir, nous ici nous comptons pour le mois de mars et vous verrez petit baby qu’ont ne se tromperas pas de beaucoup. Donc petit baby prenez patience jusque la nous somme déjas a la deuxieme quinzaine du mois ne novembre. Mon petit baby pour la question des quelques mandats que je vous est envoïé ne vous en faite pas pour cela comme je ne pouvais pas vous faire un cadeaux pour votre mariage, je vous prie d’accepté cela comme je voulais faire plus tard ne refusé pas petit baby. C’est de très bon cœur ou je ne nous écrirais plus. Malheureusement je ne peux plus vous en envoyé car j’ai changé de travail et autre chose que je ne peux pas vous dire ici. Donc petite baby il faut pas vous laisse allé il faut tenir la rempe comme dit Maurice Chevalier. Il faut être raisonable et dans l’attente d’avoir de vos bonnes nouvelles bientôt. Je vous embrasse bien fort toutes deux.
Bons baisers E. Clapier ».
 
« Bien chère petite baby. Le 14-11-43
J’espère que vous ête sur pied petit baby et que le moral et bon, car vous s’avez petit baby il faut être raisonnable car il y a beaucoup plus malheureux que nous. Alors petite fille vous me direz si il y a quelques choses qui ne va pas je suis un peux curieux mais que voulez-vous je suis comme cela, je vous est un peux délaissé ces derniers temp parsque nous somme rester quinze jours sans courrier j’attendais toujour une lettre de vous pour vous répondre et quinze jours sont passé et j’ai reçus trois lettres deux de vous et une de Marius, il m’aprend qu’il va déménagé et va habité 110 rue Bugeaud il aura l’atelier avec l’apartement pour réduire les frais certainement et avoir plus de commodité pour le tram, il a reçus une lettre de Lolo qui lui dit qu’il est a l’hopital pour l’estomac, se ne doit pas être bien grave. Vous voyé petit baby que malheureusement vous ête pas la seule a avoir la santé atteinte pr la saleté qu’on mange, prenez courage petit baby la fin est proche maintenant, nous avons jamais été si près petit baby, je ne peux pas vous envoyé de photos car vous s’avez je suis prisonnier, ici se n’es pas la même propagande qu’il font en France, mais ont voit sur les journeaux qu’un nettoyage commence a se faire, j’espère que vous me comprendrez, et dans l’attente d’avoir de vos bonnes nouvelles. Je vous embrasse toutes deux bien fort.
Bons baiser et bons moral
E. Clapier ».

Nom : Girard
Prénom : Marcel
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Vieille-Brioude
Matricule PG : 27 607
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag VIC
Destinataire : sa femme
 
« Dimanche 21 février 1943
Ma chère petite femme bien aimée, je t’envoi cette longue lettre pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours bien bonnes et j’espère que ma lettre te trouve de même ainsi que toute notre famille. Hier, samedi, j’ai reçu ton colis du 3 février qui comme tu le penses, m’a bien fait plaisir. Tout va bien bon mais il ne faut pas vous privez pour moi, la boîte à tabac va bien. Dans un prochain colis, il me faudrait mettre savon à dents et un peu de sel, si tu peux en avoir. Aujourd’hui, ici il fait soleil, il n’a pas fait bien froid cet hiver. Là bas ça doit être pareil. Dans ta prochaine lettre, tu me diras combien tu as touché à la paye pour voir si on a bien été augmenté. Moi, j’ai envoyé en tout 680 marks. Au début de février, j’ai envoyé un mandat à ma mère s’avoir s’il arrivera, s’ils arrivent et qu’elle ne veuille pas le garder, ne le prend pas car c’est pour elle. Ils m’envoient bien des colis, aussi pourvu, qu’ils ne se privent pas, toi ma chère petite femme, tu dois toujours aller faire un petit tour à Brioude, tu donneras bien des nouvelles à chez moi et chez mon frère, espères tu la fin de la guerre pour cette année ? Moi j’ai pas d’espoir, à ma chère petite femme chérie je ne vois plus grand chose à te dire pour aujourd’hui et je termine en t’envoyant beaucoup de baisers de ton mari qui pense toujours à toi, embrasses bien tous le monde chez toi et chez moi et chez mon frère, j’ai fait l’adresse pour la lettre retour. Mille baisers, Girard Marcel »
 
« 25 avril 1943
Ma chère petite femme chérie, deux pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours bonnes et j’espère que ma carte te trouve de même ainsi que toute notre famille. Je viens de recevoir ton colis du 2 avril qui m’a bien fait plaisir. Je n’en avais pas reçu de toi depuis le 6 mars, dans un prochain, si possible, il me faudrait une brosse à dents, une brosse à laver, du dentifrice, savon à barbe. Je termine ma chère petite femme bien aimée en t’envoyant beaucoup de baisers. Embrasses bien la famille pour moi. Mille baisers, Girard Marcel »
 
« 11 juillet 1943
Ma chère petite femme chérie, deux mots pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours bonnes, et j’espère que ma carte te trouve de même ainsi que toute notre famille. Quoi de neuf là bas ? Ici, il pleut presque tous les jours. Dans un prochain colis, si tu pouvais me mettre de la teinture bleue marine. A ma chère petite femme bien aimée, je ne vois plus grand-chose à te dire et je termine en t’envoyant beaucoup de baisers à tous, bons baisers. Girard Marcel »
 
« Dimanche 18 juillet 1943
Ma chère petite femme bien aimée, je t’envoi cette longue lettre pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours bien bonnes et j’espère que ma lettre de trouve de même ainsi que toute notre famille. Dans ta lettre du 23 juin, tu me dis que je ne te dis pas les nouvelles d’ici. C’est interdit et les lettres passent au panier, donc je préfère ne rien mettre et que tu les reçoives. Tu me dis que tu as reçu le colis et un mandat de 1600. Jusqu’à présent j’ai envoyé 810 marks, tu me diras ce que tu as reçu. Le dernier envoi est de mai, 50 marks mais maintenant de quelques temps j’en enverrai plus car j’ai resté assez longtemps sans travailler à cause de mon accident. Voilà 18 jours que j’ai repris le travail et ça va à peut près bien. Tu me dis que tu as vu un prisonnier libéré de Saint-Ilpize. Ici, il y en a pas mal qui sont malades comme lui. Moi je languis que ça finisse bien vite mais j’ai peur que ce soit long encore et pourtant voilà 37 mois de captivité, ça peut compter pour une fois. Je languis bien de te revoir ainsi que toute notre famille, depuis le 9 juin je n’ai plus reçu de colis de toi. A ma chère petite femme chérie, je ne vois plus grand-chose à te dire pour aujourd’hui et je vais terminer en t’envoyant beaucoup de baisers de ton mari qui t’aime et pense toujours à toi, tu embrasseras bien tout le monde chez moi et chez toi pour moi sans oublier chez mon frère Jeannot doit être grand. Bonjour aux voisins. Mille baisers Girard Marcel »
 
« Dimanche 3 octobre 1943
Ma chère petite femme bien aimée, je t’envoi cette longue lettre pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours bien bonnes et j’espère que ma lettre te trouve de même ainsi que toute notre famille. Ici rien de neuf toujours la même vie de prisonnier mais nous attendons tous la fin avec une impatience et espérons que cela ne tardera pas trop. Le 30 septembre, j’ai reçu ton colis du 4 septembre qui ma bien fait plaisir, tout était bien bon, mais ne vous privez pas pour moi. Ca fait d’ailleurs 3 mois que je n’envoie plus qu’une étiquette par mois, une à toi et une à mes parents. Aujourd’hui je t’en envoi une et une autre à mes parents et surtout ne m’envoie pas de tricot, j’en ai touché un de la Croix Rouge. J’en profite pour t’envoyer deux photos une pour toi et une pour mes parents, mais j’espère pouvoir en avoir d’autres comme celle-ci pour chez toi et mes sœurs et mon père, sur la photo j’ai bien un soulier de chaque espèce mais ça ne fait rien, le pantalon je l’avais touché de la Croix Rouge, il a bien quelques pièces mais ça ne se voit pas sur la photo, tu vois que je me porte bien, je fais 80 kilos en ce moment. A ma chère petite femme chérie, je ne vois plus grand-chose à te dire pour aujourd’hui et je termine en t’envoyant beaucoup de baisers de ton mari qui t’aime et pense toujours à toi. Tu embrasseras bien tout le monde chez toi et chez moi, sans oublier chez mon frère. Bonjour à tous les voisins pour moi. Mille baisers Girard Marcel »
 
« 14 novembre 1943
Ma chère petite femme chérie, deux mots pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours bien bonnes et j’espère que ma carte te trouve de même ainsi que toute notre famille. Ici rien de neuf à part que ce matin c’était blanc de neige mais ce soir elle est fondue, j’espère que là bas il fait meilleur. Depuis ta lettre du 25 septembre, je n’ai plus de tes nouvelles, je termine chère petite femme bien aimée en t’envoyant beaucoup de baisers. Embrasses bien toute la famille. Mille baisers Girard Marcel »
 
« Dimanche 5 décembre 1943
Ma chère petite femme chérie, je t’envoie cette longue lettre pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours bien bonnes et j’espère que ma lettre te trouve de même ainsi que toute notre famille. Aujourd’hui dimanche, je suis de repos mais il ne fait pas chaud. Il gèle. Depuis le 26 octobre, je n’ai plus reçue de colis de toi, tu me dis que tu ne reçois pas d’étiquette, elles doivent se perdre, il me faudrait un gant de toilette, un béret basque. Ma sœur Nénette m’a écrit, elle me dit qu’il faut que je sois le parrain de son enfant. Ca lui ferait grand plaisir. Je ne peux guère refuser, enfin je lui dis qu’elle tâche moyen de s’arranger avec toi, car ce mal entendu que tu avais avec mes parents ne doit pas être grave, prends patience chère petite bien aimée, la guerre ne durera pas toujours je reviendrai bien un jour. Là bas, quoi de neuf, rien ne s’abime à Brioude, regardes bien le contre-plaqué de l’armoire et dit lit car avec l’humidité tout serait foutu. Je ne vois plus Brenis depuis qu’il a passé civil. La semaine dernière encore un camp a passer civil dans les environs. Nous en ce moment ont été assez tranquilles. Je termine ma chère petite femme bien aimée en t’envoyant beaucoup de baisers de ton mari qui t’aime et pense toujours à toi, embrasses bien tout le monde chez toi et toute la famille pour moi. Bonjour aux voisins. Mille baisers Girard Marcel »



lettres de PG : 1944

Nom : Sévaux
Prénom : Alfred
Date de Naissance : inconnue
Domicile :
Matricule PG : 28250
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag VIII A
Destinataire : sa mère à Avranches
                   
« Stablack le 30 janvier 1944
Chère maman et chère Thoisne, je n’ai reçu qu’une lettre de vous ce mois-ci, je m’ennuie un peu. J’espère que vous êtes toujours en bonne santé. J’ai reçu mardi une carte de Francisque. J’attends pour lui répondre d’avoir les photos de la fête des rois. Elles sont assez bien réussies. Ce mois-ci je n’ai rien reçu que votre colis du 22 décembre. Pourriez-vous m’envoyer un gant de toilette. A plusieurs reprises je vous en ai demandé mais vous ne m’en avez pas envoyé, sauf au tout début. Comme serviettes de toilettes et linge de corps, j’ai ce qu’il me faut. Sur les trois paires de chaussettes de laine reçues l’an dernier j’en ai mis une de côté et je reprise les autres soigneusement. Villain a reçu des photos de Félix Aupinel. L’air du pays lui a fait du bien : c’est avec plaisir que nous avons retrouvé l’home d’autrefois avec son nœud papillon et sa blouse blanche. Rappelez-moi au bon souvenir de Charles Thomas et demandez lui si, en tant que président du syndicat d’initiative, il ne pourrait pas nous donner pour m’envoyer quelques prospectus ou brochures sur Villedieu et ses environs. Envoyez aussi la carte du département de la Manche et l’almanach des postes. Je touche régulièrement les journaux que vous m’envoyez dans les colis. Si j’en juge par la température que nous avons ici vous devez avoir un hiver très doux. Pour le moment nous sommes dans une période de grand vent mais le fond de l’air n’est pas froid. Un camarade qui vient de rentrer en France et qui a passé les deux premières années de droit à Stablack, doit m’écrire pour me dire si on lui tient compte des examens passés en captivité : jusqu’ici ils m’ont validé aucun examen de droit. Je crois qu’en définitive, le seul avantage qui nous sera accordé, sera la possibilité de prendre des inscriptions consultatives (on pourra faire la licence en un peu plus d’un an) ; on peut aussi espérer un peu d’indulgence. Les avantages d’ailleurs seront accordés à tous les étudiants prisonniers. Le travail que je fais ici n’est quand même pas inutile, surtout qu’il faudra faire vite pour rattraper toutes ces années perdues. Je vous embrasse bien affectueusement ainsi que Fernand »


Nom : Lefebvre
Prénom : Jules
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Méricours sur Lens
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Wehnlager 3/10
Destinataire : sa femme
                                                      
Lettre de Jules Lefebvre dit Combemorel, à Essen-Schonnebeck, Wehnlager 3/10, à sa femme place Jean Jaurès à Méricourt-sur-Lens, Pas-de-Calais.
 
« Le 28 février 1944
Ma bien chère tiote
Je viens de recevoir ta longue lettre du 14 février qui m’a fait enormément plaisir car il y avait près d’un mois que je n’avais rien reçu et ça me semblait drôlement long. Oui tiote tu me feras une longue lettre toutes les semaines et moi je t’enverrai des cartes le plus que je pourrai. Je te remercie pour tes souhaits. 30 ans comme je me fais vieux. Oui mon prochain anniversaire nous le fêterons ensemble et le tien aussi. Quelle grande joie de nous retrouver après une aussi longue séparation. Pour le fameux mandat de 1600 F, tu pourrais aussi te renseigner à la Poste sur la façon d’opérer pour la réclamation. Je t’en ai fait partir un de 800F le 10 février au début de mars je t’en referai un autre. Oui j’ai reçu ton beau colis avec le beurre je t’en remercie tiote. Je vois que maman Françoise est toujours la même j’espère être bientôt son partenaire à la manille. Faut-Elle toujours le filou comme quand nous jouions ensemble ???
C’était le bon tempset nous ne savions pas. J’espère qu’il reviendra et peut-être plus vite qu’on le croit. Tu me dis que tu as fait des frites à la kermesse de PG, tu me mets l’eau à la bouche.
J’aurais bien voulu être là. Robert est papa d’une petite fille est-il content. Je termine ma lettre. Tu prieras bien le bonjour à toute la famille. Mes bons baisers à maman Françoise. Reçois ma bien chère tiote mes plus doux baisers.
Julot »

« Le 15 mars 1944
Ma bien chère tiote
Je viens de recevoir ta lettre du 1er mars. Lettre qui m’a fait énormement plaisir. Tu ne me dis pas si tu as reçu celle que je t’ai envoyée le 26 janvier. Pour me permettre de vérifier si tu reçois régulièrement mes cartes tu voudras bien tiote me dire la date d’expédition de la carte que tu as reçue. En même temps que cette carte je vais te faire une lettre of. en réponse à la tienne du 1er mars car ici je n’ai pas beaucoup de place. J’ai également reçu la collection de photos de bâpteme de la petite Danielle. J’aurais bien voulu être aussi sur ces photos à côté de toi. Depuis que je les ai reçus je ne me lasse pas de les regarder. Tu es bien tiote ainsi que tout le monde. Tu as belle manière pour tenir le pompon. Peut-être voudrais-tu être à la place de Gisèle. A ma rentrée tu en acheteras un aussi, hein tiote. Tu m’annonces encore d’autres photos dans une prochaine lettre je l’attends donc avec impatience. Tu me demandes la mienne et tu me dis que tu me feras une petite scène si je ne l’envoie pas. Ma chère tiote si tu connaissais les difficultées qu’on a à se faire photographier tu ne parlerais pas ainsi. Je voudrais tant te faire ce petit plaisir mais saches que je mets tout en œuvre pour y arriver. Maintenant je te fais une petite lettre il est tard 2 heures ½ du matin mais je ne suis pas fatigué. Bons baisers à ma chère maman Françoise. Reçois ma tiote chérie tous mes plus doux et tendres baisers.
Julot »

Prénom : Gustave
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Aubigny-les-Sombernon
Matricule de PG : 28382
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière, document acheté sur Delcampe
Support : Carte à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag X C
Destinataire : ses parents, Robert Dupaquier
 
« le 18.6.44
Chers parents. Cette semaine n’ai pas eu de vos nouvelles. Avec ce qui se passe en France, faut s’attendre à l’avenir à ce qu’elles n’arrivent plus si régulièrement, en tout les cas ne vous en faites pas trop pour moi, je suis dans un lieu tranquille. Pour le moment je pense souvent à vous tous et principalement à Paul, qui pour le moment avec son métier court de gros risque. Quitte. Bonne santé. Bon courage à tous. Votre fils.
Dupaquier ».

Nom : Boche
Prénom : Maurice
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Saint-Sauveur
Matricule de PG : 13 533
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière, document acheté sur Ebay
Support : Papier lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag IX C
Destinataire : à ses parents
 
« Le 22 décembre 1944. Chers parents, chers frère, sœur, neveux et nièce, il y a quelques jours j’ai envoyé une carte à mr le Curdat à Plaisance. Offrez bien mes meilleurs vœux aux voisins et aux parents : tante Marie, tonton Gustave, tante Hermine. Vous ne me dites pas quel était le but de la promenade des professeurs de Montmouillon. Là aussi nous avons eu une petite cérémonie religieuse pour la consécration au Sacré-Cœur de Jésus. Cette année la messe de minuit commencera très probablement à 11 heures. Les chants exercés sont très beaux, et bien sus, j’espère qu’ils seront très bien rendus samedi soir pour nous préparer à la Noël, quelques acteurs joueront « le Noël sur la place », de Ghéon. Cette pièce eût été mieux placées immédiatement avant la messe de minuit, mais pour la satisfaction de tous, il est des traditions qu’il faut respecter, et c’est l’habitude de jouer une revue la nuit de Noël. Je suis en excellente santé ; vous tous aussi je l’espère. Les enfants sont en vacances ? Je vous embrasse tous bien tendrement.
M Boche pte ».

Nom : Girard
Prénom : Marcel
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Vieille-Brioude
Matricule PG : 27 607
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière
Support : Papier à lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag VIC
Destinataire : sa femme
 
« Dimanche 5 mars 1944
Ma chère petite femme chérie, je t’envoi cette longue lettre pour te donner de mes nouvelles qui sont bien bonnes et pour faire réponse à ta lettre du 12 février qui m’a bien fait plaisir de te savoir en bonne santé ainsi que toute la famille. Ici moi, rien de neuf. Il y a une quinzaine de jours qu’il en a de la neige et il y a deux jours qu’il en a fait encore. Il y en a 10 cm mais aujourd’hui il ne fait pas froid et ça commence de fondre. Là bas cela doit être le même temps, ici on ce demande si l’on rentrera un jour. Ca n’a pas l’air de vouloir finir cette guerre. La semaine dernière nous avons subit notre 5e piqures et sans doute la dernière. Nous ne savons pas même pour quelle maladie elle nous préserve, je reçois aussi à peu près bien tes colis qui sont bien bons et me font bien plaisir. Je vois que tu penses toujours bien à moi, à ma chère petite femme bien aimée je ne vois plus grand-chose à te dire pour aujourd’hui et je termine en t’envoyant de bons baisers de ton mari qui t’aime et pense toujours à toi, embrasses bien tous le monde chez toi pour moi, bonjour aux voisins de ma part. Mille baisers Girard Marcel »
 
« 1er octobre 1944
Ma chère petite femme bien aimée, je t’envoi cette carte pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours bien bonnes et j’espère que ma carte te trouve de même ainsi que tout le monde chez toi et chez moi, moi ici il y a deux mois que je n’ai reçu de lettres ni colis, je languis bien de recevoir des nouvelles. Je termine chère petite chérie en t’envoyant beaucoup de bons baisers. Mille baisers Girard Marcel »
 

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Lettres de PG : 1945

Nom : Boche
Prénom : Maurice
Date de Naissance : inconnue
Domicile : Saint-Sauveur
Matricule de PG : 13 533
Résumé : lettre de prisonnier de guerre français
Origine du récit : Collection particulière, document acheté sur Ebay
Support : Papier lettre distribué aux PG
Lieu d’envoi : Stalag IX C
Destinataire : à ses parents

« 15 février 45
Mes biens chers,
Vendredi j’ai reçu une carte du 13 nov. Elle ne m’a rien appris ; j’en ai reçu en effet de plus récentes. Depuis plusieurs jours le froid est parti. Nous avons eu très peu d’hiver. Je suis toujours en excellente santé, vous tous aussi j’espère. Maintenant je vais manger ma soupe ensuite j’irai dire la messe dans un Kdo voisin. Chaussures et linge je n’en ai pas besoin. Je vous embrasse très tendrement.
M Boche pte ».